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Epistémologie comparée de l'expérimentation

"Epistémologie comparée de l’expérimentation dans les sciences de la nature et dans les sciences humaines et sociales " 2017

 

Sans constituer à proprement parler un point aveugle des études sur la science (philosophie, histoire et sociologie des sciences), il faut bien reconnaître que la question de l’expérimentation dans les sciences humaines et sociales n’a pas été, à ce jour, le point focal de multiples investigations entreprises par des collectifs de chercheurs.

Quel est, en effet, à l’heure actuelle, l’avancement des travaux en ce qui concerne la réflexion sur l’expérimentation ? La contribution des philosophes tout au long du XXe siècle a été importante : durant la première moitié de ce siècle, l’expérimentation s’est vue conférer une fonction épistémologique centrale. Elle a été conçue à la fois comme une norme de scientificité et comme un idéal méthodologique, sinon toujours atteint, du moins souhaitable. La place prépondérante accordée à l’expérimentation, ainsi qu’à l’observation, par les positivistes logiques et par Popper, dans les processus de vérification ou de corroboration-réfutation des hypothèses n’a pas incité pourtant ces philosophes à développer une réflexion approfondie sur les pratiques expérimentales effectives. Deux étapes peuvent très schématiquement être distinguées, au cours desquelles la place de l’expérimentation dans la recherche en philosophie des sciences va être redéfinie. La première a pris la forme de ce que l’on a appelé le « tournant historique », initié par l’ouvrage de Thomas S. Kuhn (Kuhn, 1962/1972) qui recommande l’abandon de la méthodologie normative au profit de l’étude des communautés de scientifiques et des paradigmes au sein desquels ceux-ci développent leurs recherches. Dans les années 1980, le « tournant pratique », auquel, dans un premier temps, Ian Hacking a largement contribué, a permis de préciser au travers de nombreuses études de cas, en quel sens on peut considérer que « l’expérience a sa vie propre » (Hacking, 1983/1989). Mais ces recherches se sont limitées pour l’instant, et sauf exception, aux sciences de la nature. Ce qu’il en est de l’expérimentation dans les sciences humaines et sociales, a été jusqu’à présent, largement négligé et c’est à cet état de fait que nous souhaiterions remédier au travers de notre projet de recherche.

Le projet que nous formons est donc celui d’une étude comparative de l’expérimentation telle qu’elle apparaît dans les sciences de la nature et dans les sciences humaines et sociales.

Il comporte deux axes directeurs : dans le cadre de la première année de sa concrétisation, il s’agira de procéder à un état des lieux relatif à l’expérimentation dans les domaines pour lesquels les chercheurs de notre équipe se révèlent compétents : physique, pharmacologie, psychologie, archéologie, sciences économiques, sciences de gestion. Viennent s’y adjoindre deux disciplines qui n’entrent pas dans les domaines constitués par les sciences de la nature et par les sciences humaines et sociales : les mathématiques (science formelle) et la philosophie (forme de connaissance dont le domaine d’objet n’est pas circonscrit de manière limitative, comme c’est le cas habituellement pour une science donnée). Préciser en quel sens il peut être question de mathématiques expérimentales ou de philosophie expérimentale constituera pour nous un contrepoint par rapport à notre état des lieux qui, pour l’essentiel, se concentre sur les sciences de la nature et sur les sciences humaines et sociales.

La deuxième année de concrétisation du projet sera consacrée à une activité de recherche plus spécifique et prendra pour point d’appui initial les travaux du philosophe et historien des sciences Allan Franklin. Celui-ci a proposé dans le cadre de son projet de constitution d’une « épistémologie de l’expérimentation » un essai de systématisation des stratégies employées par les chercheurs afin de stabiliser les connaissances dans les sciences de la nature. Dans quelle mesure les conclusions auxquelles nous parviendrons au terme de la première année s’accorderont-elles ou non avec cet essai de systématisation et quelles modifications, qui se révèleraient riches d’enseignements pourrait-on alors suggérer à son propos ? 

programme 2017


- 2 février 2017

 "L’expérimentation en Sciences de Gestion sous la contrainte de l’application"

Vincent Helfrich, Groupe Sup de Co La Rochelle,

de 17h à 19h30, dans la Salle rouge, au troisième étage de l’Atrium, 16, rue René Descartes, 67000 Strasbourg

 

- 23 mars 2017

"L'expérimentation : la méthode ou une méthode? La position du problème au XIXe siècle (Comte, Mill, Bernard, Durkheim)".

Stéphanie Dupouy, Université de Strasbourg

et

"L'expérimentation en sciences économiques", Université Lille 1

Giuseppe Attanasi, Université de Lille 1.

 de 17h à 19h30, dans la Salle Océanie à la MISHA 5, allée du Général Rouvillois 67000 Strasbourg.

 

- 21 avril 2017

"L'expérimentation en médecine"

Jean-Christophe Weber,   ", Université de Strasbourg

 
de 17h à 19h30, dans la Salle Océanie à la MISHA 5, allée du Général Rouvillois 67000 Strasbourg.

 

-6 juin 2017

"Faut-il constituer une liste etc. pour rendre compte de l'expérimentation dans les sciences?

Catherine Allamel-Raffin,Université de Strasbourg

 
de 17h à 19h30, dans la Salle Océanie à la MISHA 5, allée du Général Rouvillois 67000 Strasbourg.

 

 

- 5 juillet

 "L'archéologie expérimentale"

Nicolas Monteix, , Université de Rouen


de 17h à 19h30 dans la Salle Océanie à la MISHA 5, allée du Général Rouvillois 67000 Strasbourg.