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Ecole doctorale et thèses

École doctorale Augustin Cournot - ED 221

L'école doctorale Augustin Cournot recueille presque tous les programmes de formation de recherche de l’Université de Strasbourg en matière de sciences de la société : économie, gestion, études sociales sur la science et la technologie. La nature de la formation est donc interdisciplinaire, même si elle reste centrée autour des sciences de la société. L'objectif est de fournir l'appui nécessaire aux doctorants, pour les aider à développer les qualifications requises dans ces champs de recherche et pour stimuler leur intégration sur le marché du travail (académique, institutionnel et privé). Elle rassemble 5 unités de recherche (soit 100 doctorants environ) : BETA, HuManiS, IRIST, LaRGE et GESTE.

Thèses en cours

Armelle Line Peltier 

Une pensée créatrice en science : l’élaboration de la connaissance chez Carl Gustav Jung à travers l’étude du Livre Rouge

Codirecteurs de thèse : Professeur Bernard Ancori (IRIST EA 3424, Université de Strasbourg) et Professeur Christine Maillard (Études Germaniques EA 1341, Université de Strasbourg)

Ma recherche vise à étudier la création des théories de psychologie analytique du psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875-1961), à travers l'ouvrage qu'il qualifiait de « matière première pour l’œuvre d'une vie » : Le Livre Rouge. Jamais publié de son vivant, ce livre contient le récit de sa confrontation avec les imaginations de son inconscient (1913-1916) qu'il retranscrivit sous forme de codex (1915-1930), sans jamais l'achever. La création du Livre Rouge et son usage scientifique – élaborer des théories sur la base de son unique cas – témoignent donc de l'écart de Jung face à la science de son temps, marquant du même coup sa dissidence par rapport à la perspective freudienne.

 

Pavel Kotlik

On the relationship between metaphor and technonology: a comparative study on nanotechnology

Co-tutelle de thèse : Martin Hàjek (Charles University - Prague) et Matthias Dörries (IRIST-LASTUS)

My thesis is based on premise that politicians, scientists and public are contemplating (speaking / thinking) about the world at nanoscale level through metaphors and analogies, and together with these (in addition to other linguistic means) negotiate its development. The analogies and metaphors that capture events and phenomena with which we have no direct experience, become constituent part of the nanoworld, but also part of nanoscience and nanotechnology. Also the nature of negotiations and discussions about possible risks and benefits of nanotechnologies tend to be aligned with transferential character of experience. Here, the presence of various frames, narratives, and emplotments denotes the socio-political dimension of nanotechnology and suggests to deal methodologically with discourse. The study of metaphors will aim not only to provide new, improved understanding the similarities and differences in the way nanotechnologies are conceptualised in media, but also to focus at scientific text and practice, examining analogical and metaphorical reasoning in science.

Anne Kempf

Continuité et rupture dans l'élaboration des connaissances

Directeur de thèse : Bernard Ancori (IRIST-LASTUS)

La rupture temporelle qui advient en certains moments de la cure analytique semble procéder d'une création de nouveauté, au sens où ce qui advient n'est pas seulement différent de ce qui était auparavant, mais est véritablement autre que ce dernier. La coupure qui opère en psychanalyse serait donc émergence de l'altérité au sens de Castoriadis. S'il est vrai que la cure analytique est productive de quelque chose de véritablement nouveau en ce sens, il est intéressant d'identifier les moments auxquels ce nouveau se produit, et d'aller aussi loin que possible dans l'analyse de leurs déterminations. Par ailleurs, la rupture paradigmatique consécutive à la série d'anomalies qui surviennent dans l'évolution scientifique étudiée par Kuhn, ainsi que celle que l'on peut observer dans le processus analytique, font penser à des phénomènes de percolation: un processus incrémental se traduit subitement par une rupture qualitative. La thèse propose d'examiner ces modèles de percolation afin d'essayer de répondre à la question du moment et des possibles déterminations de la survenue d'une rupture.

La thèse s'interrogera également sur le succès paradoxal rencontré par le physicien Kuhn auprès des spécialistes en sciences humaines et sociales et la relative indifférence par laquelle elle fut au contraire accueillie par la plupart des spécialistes de sciences de la nature, alors que le phénomène inverse s'observe dans le cas du philosophe Popper. Enfin, le travail de la thèse se propose de savoir s'il est possible de produire un récit de ce qu'est une rupture, que ce soit dans le domaine scientifique, ou dans la cure analytique. cette question paraît d'autant plus importante que des trous temporels se produisent lorsque l'on situe l'observation au niveau du travail effectué pendant une cure analytique et ce, quelle que soit l'échelle d'observation que l'on adopte. La question de la possibilité même d'une inscription cognitive des phénomènes de rupture lors de l'élaboration des connaissances sera donc approfondie.


Gaëlle Le Dref

Biotechnologies et théories de l'évolution : Etude des cas paradigmatiques du diagnostic pré-implantatoire et des organismes génétiquement modifiés

Directeurs de thèse : Bernard Ancori et Catherine Allamel-Raffin (IRIST-LASTUS)

Les biotechnologies occupent désormais une place très importante dans notre société. Elles sont devenues des objets de controverse non seulement technoscientifiques, mais également sociopolitiques et philosophiques. Alors que les biotechnologies se développent considérablement, elles se trouvent dans le même temps investies de fortes significations, dont l’une d’elles est d’intervenir dans le processus de l’évolution, y compris celle de l’homme lui-même. La thèse envisagée a pour ambition de confronter les discours tenus sur les biotechnologies, tant du côté de leurs contempteurs que de leurs défenseurs, à la lumière des théories de l’évolution, compte tenu d’une certaine tendance de ces discours à soutenir leur argumentation sur la base d’une conformité ou non aux « principes » de l’évolution. Cette thèse tentera donc de comprendre comment et pourquoi ce champ des technologies induit de tels discours.


Bruno Grollemund

Prise en compte de la dimension psychique dans l'etude retrospective et prospective des soins proposes aux enfants porteurs de fentes labio-palatines

Directrice de thèse : Anne Danion-Grilliat (IRIST-EPM)

 

Thèses soutenues

Tricia Koenig

Entre science et service. Production et marchandisation de la connaissance dans un laboratoire de l Faculté de Médecinde Strasbourg, mi-19e au début du 20e siècle. 

Directeurs de thèse : Christian Bonah (IRIST-LESVS) et Patrick Llerena (BETA)

Pour la médecine actuelle, le laboratoire est devenu un lieu quasi omniprésent. Ce constat semble être vrai au point que dans bien des cas le patient lui-même ne paraît plus être au centre d’une consultation, mais des analyses biologiques et médicales de fragments du corps humain.  Comment notre société est entrée dans cette ère de la médecine de laboratoire ?  Quelles sont les fonctions précises de ce lieu ? Cette thèse vise à s’interroger sur les multiples liens et interactions entre le laboratoire comme lieu de recherche fondamentale d’une part et comme lieu d’analyses de routine d’autre part.  Elle s’appuie sur l’histoire de l’organisation particulière des laboratoires conventionnés de la Faculté de Médecine de Strasbourg.

Vincent Helfrich

Normalisation de sujets sociopolitiques et recherche de consensus : Le cas de la Responsabilité Sociétale

Directeurs de thèse : Bernard Ancori (IRIST EA 3424) et Patrick Cohendet (BETA UMR 7522 ULP-CNRS)

Cette thèse a pour objectif de questionner, selon une perspective pluridisciplinaire, l'efficacité, la légitimité et les limites d'une régulation normative de sujets éminemment sociopolitiques, en insistant sur la construction de consensus au cours de l'élaboration des normes. Le terrain d'étude proposé étant l'élaboration de la future norme internationale ISO 26000 sur la responsabilité sociale.

cette thèse a reçu le Prix de la Fondation de l’Université de Strasbourg 2012.

Frédéric Bodin

La mammectomie prophylactique : analyse éthique des pratiques et des opinions

Directeur de thèse : Jean-Chrisrophe Weber (IRIST)

Augustin Cerveaux

"From an art to a science": chimie colloïdale, pigments et recherche "fondamentale" chez DuPont de Nemours, 1900-1945

Directeurs de thèse : Soraya Boudia (IRIST) et Hugues Dreyssé (IPCMS - Université de Strasbourg)

Cette thèse porte sur la genèse de la chimie colloïdale et étudie en particulier la trajectoire du groupe des colloïdes de la grande compagnie américaine Du Pont de Nemours pendant l’entre-deux guerres. Elle cherche à comprendre l’articulation entre les enjeux scientifiques que les substances « colloïdales » soulèvent, et les enjeux techniques, industriels et économiques des matériaux associés. Le concept de « basculement ontologique des matériaux », élaboré récemment par deux historiens de la chimie, est repris comme cadre interprétatif des bouleversements dans lesquels ces programmes de recherches qualifiés de « fondamentaux » se déploient. Le secteur industriel des peintures et vernis, matériaux en partie considérés comme colloïdaux au cours de cette période, est particulièrement étudié. Le groupe des colloïdes bouleverse l’appréhension des peintures et vernis à travers une focalisation sur les pigments minéraux qui les composent, et concoure ainsi à la domination de Du Pont sur certains pigments comme le lithopone et l’oxyde de titane. D’une manière générale, cet apport scientifique et technique s’inscrit dans une ambition globale de relier systématiquement microstructures et propriétés. Cette nouvelle appréhension des propriétés des substances sur la base de leurs constituants microscopiques devient progressivement un auxiliaire indispensable à la « rationalisation » des procédés et des propriétés des matériaux, ainsi qu’à la stratégie de brevetage de ces produits et procédés. Cette rationalisation des produits et procédés accompagne l’essor de la grande consommation - et la focalisation accrue sur la figure du « consommateur » - sur les peintures et vernis.

Jérôme Pierrel

La pratique du séquençage ARN à Cambridge, Strasbourg et Gand, 1960-1980

Directeur de thèse : Christian Bonah (IRIST)

L'enjeu de la thèse est de reconstituer l'histoire comparée d'une pratique scientifique de première importance dans la biologie moléculaire naissante des années 1960 à Cambridge (MRC, Frederick Sanger), Strasbourg (Université puis CNRS, Jean-Pierre Ebel) et Gand (Université, Walter Fiers) : le séquençage ARN. Cette pratique de biochimistes a donné accès à « l'information » biologique, entendue comme séquence formée de quatre symboles, A, C, G et U.  Faire cette histoire nécessite, outre les publications scientifiques, d'employer entretiens et cahiers de laboratoire pour reconstituer le faire et sa dynamique à la paillasse. De plus, l'approche comparative met en lumière les effets de champ à l'oeuvre dans le choix des éléments d'un système expérimental (virus, méthode) et d'une direction de recherche. Si le laboratoire du double prix Nobel F. Sanger met au point des méthodes de séquençage universellement utilisées, le premier gène codant et le premier génome sont obtenus à Gand, un laboratoire négligé par l'historiographie. Enfin, Strasbourg produit les premières séquences françaises et les plus longues séquences non-codantes. Le équençage ne permit pas de décrypter le code génétique mais donna accès au "programme génétique". Ni automatisé, ni informatisé, le séquençage ARN n'est pas le précurseur des projets planifiés comme le Projet Génome Humain : il s'agissait de travaux de recherche à l'horizon imprévisible. Éclipsé par le séquençage ADN et le génie génétique dans les années 1970, nous concluons donc à un Âge ARN, entre 1960 et 1980, clos et relativement oublié, où le substrat contraint les techniques tout en laissant latitude à leur organisation sociale.

Anne Fellinger

Du soupçon à la radioprotection: les scientifiques face au risque professionnel de la radioactivité en France (1901-1967)

Directeur de Thèse : Bernard Ancori (IRIST)

Cette thèse traite des rapports des scientifiques au risque professionnel de la radioactivité en France, sur une période longue, du début du XXè siècle à l’avènement d’une réglementation de la protection des travailleurs, en 1967. Elle examine la dualité des scientifiques, tour à tour victimes et experts, face à ce risque. Ce travail s’inscrit dans une histoire des pratiques scientifiques et de la production de savoir sur le danger des radiations ionisantes. Il analyse comment ces scientifiques, issus de disciplines distinctes (physique, chimie, biologie et médecine), identifient progressivement le danger radioactif et tentent de répondre aux questions ainsi soulevées, par l’élaboration de dispositifs de protection, mais aussi par la mise en place de règlementations et par l’établissement de normes. Il traite de la confrontation entre les discours, la normalisation du risque et les pratiques ordinaires de laboratoire. Cette thèse vise également à retracer la mise en place d’un cadre législatif au risque professionnel. Cette étude s’inscrit donc aussi dans une histoire de la santé au travail. Tout en montrant les similitudes du risque induit par la radioactivité et d’autres risques toxiques professionnels, elle montre les spécificités de ce cas et met en évidence la place particulière occupée par les scientifiques et les savoirs scientifiques dans les processus de gestion du risque. Enfin, par une attention particulière dévolue aux femmes côtoyant la radioactivité, cette thèse fait également ressortir la dimension de genre présente dans la construction des savoirs scientifiques sur les radiations comme dans l’encadrement législatif du risque.

David Grandadam

Des réseaux, de la créativité et du jazz

Directeurs de thèse : Bernard Ancori (IRIST EA 3424) et Patrick Cohendet (BETA UMR 7522 ULP-CNRS)

Amirouche Moktefi

Déduire et séduire : la logique symbolique de Lewis Caroll

Directeurs de thèse : Bernard Ancori (IRIST) et Gerhard Heinzmann (Archives Poincaré - Nancy)

Luis Aparicio

Communication et pilotage de projets sociotechniques. Étude de la première phase du projet « Tramway » de la Communauté Urbaine de Strasbourg (1989-1994)

Directeurs de thèse : Patrick Cohendet (BETA) et Ulrike Felt (Université de Vienne)

La thèse met en avant l’importance des aspects sociocognitifs dans les processus d’implantation de projets technologiques afin de montrer comment la technologie et la société se façonnent mutuellement et d’examiner sous cet angle-là la fonction de pilotage.Sur la base de la théorie de l’acteur-réseau, le processus de mise en place du projet Tramway de la CUS constitue le cas d’étude. La notion de « cadre sociotechnique » de Paul Rosen me permet d’explorer plus finement la composante culturelle, quelque peu négligée dans cette théorie.En effet, la question du pilotage est abordée en termes de communication et d’apprentissage, au travers la production et la mise en circulation des inscriptions du projet. Ces inscriptions sont des éléments constitutifs de l’organisation et de l'évolution du projet, dont l’articulation et la cohérence résultent d’une mise en sens collective.

Nadia Honoré-Dillenseger

Le règlement des conflits dans une controverse socio-technique – Les risques sanitaires liés à la téléphonie mobile

Directeurs de thèse : Bernard Ancori (IRIST) et Baudouin Jurdant (Université Paris 7)

Depuis 1995, les risques sanitaires liés à la téléphonie mobile ont progressivement mené à une controverse politique et sociale en France. La nature des désaccords et la complexité de l’émergence et le degré de stabilité des accords éventuels entre les acteurs engagés dans cette controverse posent question. La sociologie des controverses et des réseaux socio-techniques et la sociologie de la justification ont été mobilisées afin de caractériser les compétences des acteurs engagés dans la controverse publique, c’est-à-dire leur capacité à légitimer leurs positions et leurs actions en faisant appel à des principes de justification différents.Les dénonciations publiques portent sur le scepticisme entourant la validité de recherches scientifiques suggérant l’existence de risques, l’indépendance des experts et de l’expertise scientifique, l’attentisme des opérateurs et des pouvoirs publics, et enfin l’attitude de ces derniers à l’égard des craintes exprimées par les riverains de stations de base et les consommateurs. Cette thèse souligne la difficulté de l’émergence de preuves scientifiques en situation d’incertitudes sociales autant que techniques justifiant l’application du principe de précaution. Elle met en avant, également, la difficulté de l’affirmation, par les groupes d’acteurs, d’arguments qui seraient suffisamment convaincants pour emporter la conviction de leurs détracteurs.Nous n’avons pas pu observer de consensus publics en raison de la pluralité des logiques argumentatives, de la divergence des intérêts représentés, et de rapports de force entre acteurs se traduisant parfois par la persistance du régime de la violence. Les accords ont pris essentiellement la forme d’arrangements locaux et contingents (chartes de bonne conduite, arrêtés municipaux ou encore mise en place d’instances de concertation et de débat public dans certaines municipalités). Ces derniers ont une portée limitée, et leur généralisation et leur stabilisation semblent compromises.

Christophe Masutti

Le Dust Bowl, la politique de conservation des ressources et les écologues aux Etats-Unis dans les années 1930

Directeur de thèse : Matthias Dörries (IRIST)

La période des années 1930 aux Etats-Unis est essentiellement comprise par les historiens de l'écologie comme un tournant épistémologique qui voit la naissance du concept d'écosystème. Cependant, dans le contexte particulier de la crise agricole et de la question de l’usage des ressources naturelles, il émergence simultanément une figure nouvelle de l'expert-écologue, dont l’arrière plan scientifique relève d’une écologie pratique, portée essentiellement par Frederic Clements.Cette thèse se propose de reconsidérer cette histoire en focalisant le propos sur le Dust Bowl, l'érosion éolienne des sols agricoles dans les Grandes Plaines. Un tel choix permet de sonder finement les interactions entre l'écologie et la politique rooseveltienne de conservation des ressources, de décrire les réseaux des acteurs scientifiques et politiques, et d’analyser les changements disciplinaires et institutionnels qui en ont résultés.

Catherine Allamel-Raffin

La production et les fonctions des images en physique des matériaux et en astrophysique

Directeurs de thèse : M. B. Ancori (Université Louis Pasteur, Strasbourg) et M. B. Jurdant (Université Paris VII – EHESS)

La thèse est le produit : 1) d’une démarche comparative, la production et les fonctions des images scientifiques étant envisagées à partir de deux domaines de recherche distincts, physique des matériaux et astrophysique ; 2) d’une perspective pluridisciplinaire consistant à emprunter méthodes et concepts opératoires aussi bien à la sociologie des sciences (séjours dans des laboratoires et entretiens semi-directifs avec 48 chercheurs), qu’aux sciences de l’information et de la communication (sémiotique de l’image fixe, théories de l’argumentation) et à la philosophie des sciences (essentiellement anglophone, les références contemporaines centrales étant constituées par I. Hacking et A. Franklin).A partir d’une classification sémiotique initiale d’inspiration peircienne des images produites dans les deux domaines, on dégage trois fonctions qui les caractérisent dans le cadre de la recherche quotidienne : visibilité, lisibilité et prévisibilité de phénomènes qui resteraient  autrement inaccessibles.Ces premiers éléments de réponse apparaissent trop limités pour répondre à la question : l’image est-elle une preuve ? Après avoir proposé une définition de la notion de preuve, l’accent est mis sur trois des constituants de celle-ci, qui s’avèrent plus particulièrement problématiques lorsqu’on considère le cas des images produites dans les laboratoires concernés par l’étude : les modes de raisonnement utilisés, le dispositif opératoire et la construction d’un argumentaire pour une publication. On aboutit à la conclusion qu’une image est au mieux un élément de preuve au sein d’un faisceau de tels éléments, supposant lui-même l’existence d’un ajustement robuste entre théories, modèles, instruments, expérimentations, savoir-faire et croyances.Une dernière partie reprend à nouveau frais l’ensemble des résultats antérieurs en vue de déterminer les rapports entre les images étudiées et la réalité, avec en filigrane le débat anglophone entre positions réalistes et antiréalistes.