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Journées d’études : Epistémologie comparée de l’expérimentation dans les sciences de la nature et dans les sciences humaines et sociales

Du 14 décembre 2017 au 15 décembre 2017
De 09h00 à 17h00
Salle Europe à la MISHA 5, allée du Géneral Rouvillois 67000 Strasbourg.

Journées d’études : Epistémologie comparée de l’expérimentation dans les sciences de la nature et dans les sciences humaines et sociales

14 et 15 décembre 2017

Salle Europe à la MISHA 5, allée du Géneral Rouvillois 67000 Strasbourg.

La salle Europe est une salle pour visioconférence avec une participation à distance possible. Si cela vous intéresse, merci de contacter: catherine.allamelraffin@unistra.fr


Argumentaire : Sans constituer à proprement parler un point aveugle des études sur la science (philosophie, histoire et sociologie des sciences), il faut bien reconnaître que la question de l’expérimentation dans les sciences humaines et sociales n’a pas été, à ce jour, le point focal de multiples investigations entreprises par des collectifs de chercheurs. Quel est, en effet, à l’heure actuelle, l’avancement des travaux en ce qui concerne la réflexion sur l’expérimentation ? La contribution des philosophes tout au long du XXe siècle a été importante : durant la première moitié de ce siècle, l’expérimentation s’est vue conférer une fonction épistémologique centrale. Elle a été conçue à la fois comme une norme de scientificité et comme un idéal méthodologique, sinon toujours atteint, du moins souhaitable. La place prépondérante accordée à l’expérimentation, ainsi qu’à l’observation, par les positivistes logiques et par Popper, dans les processus de vérification ou de corroboration-réfutation des hypothèses n’a pas incité pourtant ces philosophes à développer une réflexion approfondie sur les pratiques expérimentales effectives. Deux étapes peuvent très schématiquement être distinguées, au cours desquelles la place de l’expérimentation dans la recherche en philosophie des sciences va être redéfinie. La première a pris la forme de ce que l’on a appelé le « tournant historique », initié par l’ouvrage de Thomas S. Kuhn (Kuhn, 1962/1972) qui recommande l’abandon de la méthodologie normative au profit de l’étude des communautés de scientifiques et des paradigmes au sein desquels ceux-ci développent leurs recherches. Dans les années 1980, le « tournant pratique », auquel, dans un premier temps, Ian Hacking a largement contribué, a permis de préciser au travers de nombreuses études de cas, en quel sens on peut considérer que « l’expérience a sa vie propre » (Hacking, 1983/1989). Mais ces recherches se sont limitées pour l’instant, et sauf exception, aux sciences de la nature. Ce qu’il en est de l’expérimentation dans les sciences humaines et sociales, a été jusqu’à présent, largement négligé et c’est à cet état de fait que nous souhaiterions remédier au travers de notre projet de recherche.
Le projet que nous formons est donc celui d’une étude comparative de l’expérimentation telle qu’elle apparaît dans les sciences de la nature et dans les sciences humaines et sociales.
Il comporte deux axes directeurs : il s’agira dans un premier temps de procéder à un état des lieux relatif à l’expérimentation dans les domaines pour lesquels les chercheurs de notre équipe se révèlent compétents : physique, pharmacologie, psychologie, archéologie, sciences économiques,
sciences de gestion. Viennent s’y adjoindre deux disciplines qui n’entrent pas dans les domaines constitués par les sciences de la nature et par les sciences humaines et sociales : les mathématiques (science formelle) et la philosophie (forme de connaissance dont le domaine d’objet n’est pas circonscrit de manière limitative, comme c’est le cas habituellement pour une science donnée). Préciser en quel sens il peut être question de mathématiques expérimentales ou de philosophie expérimentale constituera pour nous un contrepoint par rapport à notre état des lieux qui, pour l’essentiel, se concentre sur les sciences de la nature et sur les sciences humaines et sociales.
Un second temps du projet sera consacré à une activité de recherche plus spécifique et prendra pour point d’appui initial les travaux du philosophe et historien des sciences Allan Franklin. Celui-ci a proposé dans le cadre de son projet de constitution d’une « épistémologie de l’expérimentation » un essai de systématisation des stratégies employées par les chercheurs afin de stabiliser les connaissances dans les sciences de la nature. Dans quelle mesure les conclusions auxquelles nous parviendrons au terme de la première année s’accorderont-elles ou non avec cet essai de systématisation et quelles modifications, qui se révèleraient riches d’enseignements pourrait-on alors suggérer à son propos ?

Programme

14 décembre 2017

9h-9h15 : Introduction des journées d’étude

9h15-10h30 : Arthur Jatteau, Université Lille 1, « Enseignements d'une histoire pluridisciplinaire des expérimentations aléatoires »

10h30-10h45 : Pause

10h45-12h : Yves Serra, Paris -Université Sorbonne, « La philosophie morale expérimentale est-elle expérimentale ? »


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14h-15h15 : Stéphanie Dupouy, Université de Strasbourg, « Quelques particularités de l'expérimentation en psychologie »

15H15-16h30 : Vincent Helfrich, Groupe Sup de Co La Rochelle, « Les perspectives expérimentales de la recherche-intervention en gestion »

16h30-16h45 : Pause

16h45-18h : Michel Le Du, Aix-Marseille Université, « Compréhension et expérimentation »

 

15 décembre 2017

9h15h-10h30 : Carole Treibich, Université Grenoble-Alpes, « Economie comportementale sur le terrain : le cas de la sous-déclaration du port du préservatif chez les professionnels du sexe à Dakar’

10h30-10h45 : Pause

10h45-12h : Vincent Israël-Jost, Université de Louvain la Neuve, « Voir, c’est expérimenter. Une leçon reçue de l’utilisation d’instruments d’observation dans les sciences de la nature »

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14h-15h15 : Vincent Guillin, UQAM, Preuves d'efficacité et potentiel explicatif dans les expérimentations aléatoires en économie

15H15-15h30 : Pause

15h30-16h30 : Discussion générale

Pour tout renseignement complémentaire, merci de contacter : catherine.allamelraffin@unistra.fr